Les
explications données ici valent pour les hublots fixes.
Après avoir marqué sur site les trous à percer, vous passerez
au perçage proprement dit avec une perceuse à colonne, si possible,
gage de qualité.
Le panneau à percer sera présenté parfaitement à
la perpendiculaire et reposera sur une plaque en bois. Vos trous seront ainsi
bien droits et la plaque en bois évitera les éclats en fin de
perçage. J'utilise un foret à bois et j'utilise une vitesse lente
(500 tours/minutes).
L'appui sur la mèche est doux et la réglette de la perçeuse
me permet de ralentir vers la fin du trou pour éviter d'éventuels
éclats.
Vous remarquerez que je n'ai pas enlevé le film protecteur de ma plaque
de plexi.
Un détail pose souvent
une difficulté majeure à mes collègues constructeurs amateurs.
Il s'agit de l'arrondi des hublots.
Pour ma part, après différents essais, j'ai opté pour
l'utilisation d'une ponçeuse à ruban équipée
d'un ruban de 50 ou 80, après avoir écorné les angles
vifs à la scie circulaire.
L'arrondi est facile à faire sans trop appuyer sur la machine. Un
appui léger permet de ne pas fondre la matière et la vitesse
de rotation de la machine est suffisamment lente pour travailler correctement.
Vous appuyerez un peu sur le début et la fin de l'arrondi, pas au
milieu.
Le panneau est pincé sur un établi en évitant tout ce
qui peut le rayer, d'où l'utilité notamment de laisser en place
les films de protection.
La dernière manipulation
et non des moindres est de "casser" l'angle de la surface EXTERIEURE du hublot.
Pour cela, la défonçeuse est un excellent outil.
Je sais que certains craignent cette bestiole et il est vrai que, comme pour
tout appareil un peu imprévisible, la délicatesse est de mise.
Il faut d'habord régler la fraise adéquate (fraise à chanfrein).
Dans ce cas précis, la profondeur à fraiser est telle que la roulette
de la fraise doit être au niveau du bord inférieur de la plaque
de plexi. Donc, machine arrêtée, j'ai réglé la descente
de l'arbre à ce niveau et bloqué les guides. Facile.
On démarre ensuite la bécane à vide, puis semelle bien
à plat sur le plexi, on glisse doucement jusqu'à commencer à
rentrer dans le plexi, doucement. Pour cela, le bruit du moteur est un excellent
repère. Quand la roulette butte sur le plexi, on commence à avancer,
toujours doucement, le sens d'avance se faisant à contresens de la rotation
de la fraise. C'est à dire que les copeaux sortent vers la direction
dans la quelle vous avancez.
Vous suivrez les arrondis des hublots avec la machines de telle façon
que la semelle d'appui soit toujours à peu près perpendiculaire
au centre de votre hublot comme ici sur la photo.
Si vous allez doucement, vous ne perdrez pas un doigt dans l'opération,
vous n'éclaterez pas votre plexi, vous ne casserez pas votre fraise et
vous serez maculé de sciure de flexi in fine, avec la satisfaction d'un
beau hublot bien régulier et prêt à poser.
La présence ici du film de protection du hublot est encore très
importante car la semelle de la défonçeuse, même bien propre,
a tendance à faire des rayures si elle glisse directement sur le plexi.
Après ce travail, je
trace au crayon sur le film protecteur, coté extérieur, la frontière
avec l'ouverture dans la coque. Puis, ce que je suis entrain de faire sur la
photo, je reprends au cutter sur le trait. Le film est ensuite partiellement
enlevé. C'est à dire qu'après opération, la zone
qui sera posée et vissée contre le bateau est à nu.
Tout ça, pour recouvrir
ensuite cette zone d'une peinture blanche. Tout d'abord un primaire pour plexi
au pinceau ou au pisolet. Vous trouverez ce produit notamment dans la marque
du pot que vous voyez à l'écran. Puis une peinture alkyde blanche
classique au pistolet. Vous laissez sécher et vous avez un beau ruban
qui évitera aux UV de faire des dégats dans votre joint de hublot
et qui revient bien moins cher que les bandes qu'on trouve dans les ship'.
Le travail que je viens de décrire peut être effectué en
noir ou en blanc, selon les goûts de chacun. Pour ma part, le choix du
blanc, même s'il peut jaunir avec le temps est dicté par des raisons
de température. Le noir retient la lumière et donc la chaleur
alors que le blanc renvoit (en partie) la lumière et chauffe donc moins
le hublot. CQFD.
Sur les conseils d'un collègue constructeur amateur, je me suis procuré
des plaques auto-adhésives de néoprène en 4-5 mm d'épaisseur.
J'ai découpé des bandes que j'ai ensuite collées sur
les hublots en les centrant sur les trous. J'ai enfin passé un cordon
de silicone neutre (silirub NO3 - Soudal) de part et d'autre du joint ainsi
créé.
Ce système permet de poser le hublot sans avoir à utiliser des
cales d'épaisseur, le néoprène faisant office de réglette
d'épaisseur. Le néoprène a un avantage et un inconvénient.
Son avantage est de posséder une relative souplesse qui permet une
bonne adhérence permanente dans une plage d'épaisseur donnée.
Son inconvénient est de perdre de l'élasticité dans le
temps avec l'air et les UV. Pour les UV, je vous ai dit précédemment
que j'avais peint les hublots plaqués extérieurs sur la zone
de jointage. Pour les hublots plaqués intérieurs (hublots de
coque - comme sur la photo), l'acier de la coque protège la zone de
joint. Pour l'air, un beau cordon jointif de part et d'autre de la bande néoprène
va isoler le néoprène d'une part et permettre de faire un beau
congé autour de votre hublot au moment de la pose d'autre part....
La pose des hublots ( ici,
ceux de la coque), ne peut se faire confortablement qu'en binome. Un dedans
et un dehors.
Je passe une longue vis aux 4 coins du hublots et je les utilise comme guides
de pose. Ces vis temporaires resteront à poste jusqu'au dernier moment.
Quand le hublot est plaqué, on procède au vissage en croix comme
pour une roue de voiture. Chaque trou est mastiqué (planche 1) et lorsque
votre binome extérieur enfonce la vis, vous maintenez votre pouce sur
le trou pour forcer l'étalement du mastic à l'intérieur
du trou sinon il ressortira de l'autre coté, poussé par la vis.
Pendant que votre binome extérieur cale la vis maintenant enfoncée
à l'aide d'un tournevis, à l'intérieur vous passerez l'écrou
jusqu'à toucher la coque mais sans serrer. Un bon repère est le
début du bombage de votre cordon de silicone. Quand toutes les vis sont
posées, vous retirez les vis temporaires de guidage et posez les définitives
à leur place de la même manière.
Dans la foulée, vous égalisez votre congé (planche 2) avec
le doigt sans appuyer. Vous retirez ensuite le film de protection (planche 3)
et effectuez la finition de votre congé. En ce qui concerne le mastic
qui a éventuellement dégueulé autour des vis, laissez-le
sécher. Il sera très facile à enlever une fois sec et vous
éviterez l'étalement sur la peinture de la coque.
En ce qui concerne les hublots
plaqués extérieurs (ceux du haut), la manip est semblable à
quelques détails près. D'abord, avant de plaquer le hublot et
poser les vis temporaires, vous aurez installé un cache adhésif
papier de protection autour de l'hiloire à l'emplacement + quelques millimètres
du bord extérieur du hublot. Quand vous aurez fini la pose complète
et fait votre congé, vous enlèverez cette bande. Elle aura servi
à uniformiser la limite du congé et vous évite des
travaux de reprise et de nettoyage de la peinture de la coque.
Pour clore le chapitre hublots & co, j'insiste encore sur quelques détails.
1/ne pas serrer vos hublots. Il doivent simplement reposer sur la tole via le
joint en néoprène. Vous attendrez une bonne semaine (séchage
complet du cordon silicone) avant d'effectuer un premier et (normalement) dernier
serrage avec un tour complet sur chaque écrou.
2/Enlevez les bandes de masquage dès qu'elles sont devenues inutiles
et, dans tous les cas, avant séchage de vos produits. Cela vaut également
pour les masquages effectués lors des travaux de peinture.